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 Where I will sleep next night

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Michael Logan
Ex-mercenaire
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Michael Logan

Messages : 18
Date d'inscription : 13/07/2010
Age du perso : 28 ans
Langues parlées : Anglais / Français / Mandarin

MessageSujet: Where I will sleep next night   Ven 27 Aoû - 4:09

[Nota: Ça se passe après le topic de Logan chez les Madmen]


Where I will sleep next night


Au beau milieu d’une nuit, entre les vapeurs de tabac et les premiers signes d’une fatigue intense…

Michael terminait une soirée assez banale, à pianoter sur son puissant ordinateur customisé. Oh, rien d’extravagant, pour une fois; le jeune homme avait cessé l’hacktivisme, du moins ne le pratiquait-il plus au même niveau, à la même fréquence que dans ses jeunes années. Eh, bientôt la trentaine, et Logan se sentait vieillir avant l’heure, que voulez-vous…

Bref, il était déjà plus de 2h du matin lorsque son écran splitta en une pluie numérique, ce fameux défilement de chiffres qu’il connaissait si bien, pour avoir fait cela pendant tant de temps chez les autres. En clair, il était en train de se faire pirater, lui, l’un des meilleurs hackers de ce monde.

* Il y a encore des courageux…*

Souriant devant l’audace du pirate qui osait s’en prendre à lui, malgré sa réputation solide, Michael entreprit de déloger celui qui lui pompait l’air sur son propre terrain… Étonnamment, sans succès.

* Un fortiche, hein… Bouge pas, mon gars, j’ai pas encore dit mon dernier mot. *

Allant jusqu’à utiliser des manipulations de haut vol pour déloger le hacker, Michael ne parvint pourtant pas à virer cette présence désagréable de son ordinateur.

Puis tout à coup, la pluie numérique cessa, laissant place à un écran noir, sur lequel un unique message s’afficha progressivement, lettre après lettre.

“Wake up, Michael...
The world has you...
Follow the white rabbit...
At 9.00 AM...”


...

Logan appuya son dos contre le dossier de son fauteuil de bureau esquinté, et tira une cigarette au menthol de son paquet, avant de se l’allumer.

« Bon… Qu’est ce que c’est encore que ce délire… »

Après être resté figé sur cet étrange message, l’ordinateur reboota tout seul. Michael passa toute la machine en revue… Rien n’avait disparu, tout était comme il y a 20 minutes, comme si le piratage n’avait jamais eu lieu.

Le jeune britannique réveilla Little Sally, son androïde utilitaire personnel, de son mode veille, et lui dit :

« Passe-moi ce putain d’ordinateur au peigne fin, j’ai eu une intrusion. Je veux savoir tout ce que le pirate a laissé, tout ce qu’il a regardé, tout ce qu’il a fait sur ma machine. Et vite. »

Pour une fois, Sally ne pipa mot, et obéit silencieusement à cette série d’ordre. Pendant ce temps, Logan se leva et alla ouvrir la seule fenêtre de cette pièce, le bureau de son appartement londonien. Dehors, il flottait. Une de ces foutues pluies de fin d’été. La rue en contrebas était vide. Rien, pas âme qui vive ; même ce con de chat de gouttière qui venait quotidiennement lui réclamer à bouffer ne traînait pas par là, ce soir.

« Ton ordi est clean, chou. Comme si personne n’y avait touché. »

« Putain. »

Répondit-il en refermant la fenêtre, clope au bec.

« J’en étais sûr. Faut croire que je ne suis plus au niveau. »

« Ne dit pas ça. D’après ma dernière vérification, tu es toujours dans le top 5 des meilleurs hackers du monde. »

« Pff, le top 5… Ça veut dire qu’il y a jusqu’à 4 gars qui sont meilleurs que moi. Même un seul, ça serait trop, alors là… »

Logan sortit du beau et alla dans le salon de son appart’ pour s’étaler sur le divan, avec pas mal de lassitude, à moins que ça ne soit de la fatigue.

« Allez, fais-moi peur… Donne moi le classement. »

« Sûr ? Bon…
N° 5 : Sirius
N° 4 : Black Lotus
N° 3 : toi
N° 2 : Cyber
N° 1 : Naasty »


« Je vois… Parle moi de Naasty. »

« Ça ne fait pas longtemps qu’il pratique. Il est passé du rang de parfait inconnu à celle de numéro 1 en 3 semaines. Il ne s’attaque qu’aux hackers de la liste, soit-disant. »

« Je vois… J’aimerai bien savoir qui se cache derrière ce pseudo… »

« Il faudrait reprendre contact avec les réseaux, chou. Si tu veux, je peux essayer de rassembler d’autres informations plus utiles. »

« Ok… Fais ça cette nuit, je vais me coucher, aussi tu me raconteras tes résultats dans 6h. »

L’androïde fit un petit calcul… Dans 6h, il serait 8h et quelques du matin. Or, son concepteur n’était pas du tout si matinal. Elle traduit son interrogation par une question :

« Tu te lève tôt ? Pourquoi ? »

« Il va se passer un truc, vers 9h. Quoi que ça soit, je devrais être debout pour voir ce dont il s’agit. »

Sur ces mots, Michael se leva sans conviction de son canapé, et se dirigea vers sa chambre. Après s’être rapidement désapé, il se vautra sous le drap, et s’endormit presque instantanément, pour une fois…


Le lendemain matin, aux petites heures du jour, l’esprit confus des courtes nuits…

« P’tain… »

Michael s’étira longuement en se frottant les yeux pour chasser le sommeil qui l’étreignait encore fortement. Il n’était pas du tout, mais alors vraiment pas du tout du matin, le gars, alors se lever à 8h, c’était carrément un exploit herculéen, pour lui.

Après un certain temps d’hésitation, il finit par se lever, enfiler un caleçon, et alla se faire un café ultra dark pour se réveiller complètement. De la cuisinette, il entendit les bips et sifflements électroniques de Sally, qui réclamait son attention.

« Bien dormi chéri ? »

« … Tu vois ma gueule, alors à ton avis ? »

« T’as raison chou, tu fais peine à voir, désolée… J’ai tes infos. »

« Cool. Alors ? »

Son café servi, il s’installa sur l’un des hauts tabourets de la cuisine pour écouter tout en buvant la boisson anti-sommeil par excellence.

« Tu vas rire. Naasty est très probablement à l’origine du piratage de ton ordi. »

« … Explique-moi en quoi c’est drôle, parce que là, je vois pas… »

« Attends la suite, chou. Le piratage a été réalisé à partir d’une IP qui m’a ramenée ici. Par ici, j’entends : cet immeuble dans lequel tu vis. Qui que soit le hacker présumé, il n’est pas loin du tout. Et pourquoi je pense que c’est Naasty… Une rumeur court selon laquelle il fait toujours de cette manière, il opère à proximité de ses victimes. On dit même qu’il va ensuite à leur rencontre, comme si de rien n’était, et… Tu vas où, chou ? »

Logan s’était levé avant la fin du discours de Little Sally ; il en avait assez entendu.

« Me doucher. Je veux pas rater la visite de mon agresseur, j’ai deux trois mots à lui dire… »

Sitôt dit, sitôt fait, à peine 10 minutes plus tard et Michael était lavé, habillé, coiffé. Pour la rencontre, il avait choisi sa tenue passe-partout, à savoir jeans large et t-shirt noir, celui-ci à l’effigie des Punish Yourself pour donner le ton. Avant de sortir, il dit à l’androïde :

« Tu restes ici. Je n’ai pas trop envie que Naasty s’intéresse à toi, tu comprends. J’en aurai pas pour longtemps, 2 ou 3 heures maximum. Garde bien le fort. »

« Mais je »

Clac ! La porte claqua et Logan descendit les escaliers en s’allumant la première cigarette de la journée ; et il avait dans l’idée que son paquet déjà commencé ne survivrait pas à la matinée.

Michael s’arrêta sur le palier de son immeuble, et s’étira bruyamment, surtout à cause de sa prothèse qui n’aimait être mise en hyper extension.

« Foutue camelote. »

Commenta-t’il en terminant sa cigarette, avant de regarder l’heure sur son cellulaire. Encore une dizaine de minutes à entendre.

« Fais chier... »

Seconde cigarette.

Puis, à 9h tout juste, une gamine en tenue d’écolière sortit de l’immeuble. Une jeune fille à l’air fatigué, aux cheveux rosis, pas très commun tout ça. Logan la dévisagea un moment, se demandant s’il s’agissait de son hacker…

* Non, quand même pas, faut pas déconner…*

Puis son attention fut attirée par la lunchbox rose de la jeune fille, une boîte à goûter sur laquelle un autocollant était apposé… Un sticker représentant un lapin blanc.

… Follow the white rabbit…

*Putain de merde…*

« Hé toi… »

La jeune fille se retourna un bref instant vers Michael, sans se départir de son air crevé et moribond, et reprit sa marche sans rien dire. Logan se décolla du mur où il avait prit appui, et suivi la jeune fille, reprenant :

« Hey ! Je te cause, petite ! »

Rien à faire, soit elle était sourde et muette, soit elle l’ignorait superbement. Renfrogné, Michael se rappela que le message précisait qu’il fallait « suivre » le lapin blanc, le suivre seulement. Peut-être que cette fille n’était qu’une intermédiaire pour rencontrer ce Naasty, après tout, même si l’idée était débile au possible, selon lui.

Bref, sans rien ajouter de plus, il se mit à hauteur de l’écolière, et marcha à côté d’elle, suivant la direction qu’elle prenait. La jeune fille ne parut pas s’en étonner moindrement et poursuivit nonchalamment sa marche.

Après une dizaine de minutes, l’étudiante s’arrêta devant un cyber-café assez populaire auprès des jeunes gens du quartier. Et elle y entra. Michael la suivit et une fois dans la place, se remémora que c’était dans un endroit semblable qu’il s’était pris de passion pour l’informatique, alors qu’il était tout jeune. L’ambiance de cet endroit lui rappelait bien tout cela : les rangées d’écrans alignées, les adolescents concentrés sur leurs jeux vidéos, micros-casques sur leur tête… Ca ne change pas, ça.

Pourtant, dans ce décor plutôt familier, il y avait un truc qui ne collait pas du tout. Alors que la jeune étudiante était allée s’installer devant un ordinateur, Logan remarqua une femme qui n’avait absolument rien à faire ici. Elle était habillée et coiffée de façon intelligemment négligée, ce qui lui conférait une prestance et un charisme fou. Blonde, élancée, la trentaine bien conservée, elle était assise à une table éloignée des ordinateurs, table sur laquelle était posée deux tasses de café, l’une devant elle et la seconde de l’autre côté de la table. Et pour couronner le tout, elle fixait Logan avec une certaine intensité…

*Bon, tentons notre chance…*

Michael s’approcha de la table occupée par cette femme, et demanda, désignant la chaise libre :

« Puis-je ? »

« Assurément, Michael. »

Bon, ça commençait bien. Il s’installa donc, et détailla le visage de son interlocutrice pendant quelques secondes.

« Alors c’est vous Naasty. »

Elle ne cilla pas. Dans la discussion en anglais, cela faisait un jeu de mot : il venait de dire qu’elle était méchante (nasty, en anglais).

« Pas du tout. Je m’appelle Lena Halgström, et je connais bien Naasty. »

« Il n’y a pas que Naasty que vous semblez bien connaître. » Faisant un signe du doigt vers le café devant lui, Lena lui répondit d’un signe de tête que c’était bien pour lui. Il but une gorgée du liquide qui était trop brûlant à son goût, et reposa la tasse sur la table.

« Oui. En fait, cela fait un moment que je vous surveille, même si vous n’en avez probablement jamais perçu les signes. »

« Et bin… Ça me fait une belle jambe, alors. J’aime bien que les femmes s’intéressent à moi. »

« Comme tant d’autres choses, je le sais. J’étais sûre que cela flatterait votre ego ou du moins, le peu qu’il en reste. »

« … Effectivement, vous me connaissez bien. » Logan se tira une nouvelle cigarette qu’il alluma, et se faisant, il trouva un instant pour demander « Venons en au fait… Lena, c’est ça ? Bon, que puis-je pour vous ? »

Lena imita son interlocuteur et s’alluma une cigarette, pas au menthol celle là.

« Pour moi, pas grand-chose. Pour le monde en revanche, vous pouvez faire quelque chose. »

« Rien que ça… »

« Je vous le répète, je connais tout de vous. La GC, votre pouvoir, le MIL, Vitalie, Christie, votre accident qui vous a valu ce tas de ferraille que vous trimballez en guise de membre… Je continue ? »

« Merci, ça ira. J’en reviens à ma question puisque vous n’avez pas répondu… Que puis-je faire pour « le monde » ? »

« Je ne devrais pas avoir à vous dire ce que vous ressentez actuellement, depuis un certain temps déjà. Vous êtes frustré, blasé, et vous vous sentez inutile au monde, vu ses dernières évolutions. »

« … On peut dire ça. »

« Je sais aussi combien vous êtes une personne dynamique, en temps normal. Vous n’aimez pas rester inactif, cela vous donne le sentiment d’être inutile comme je l’ai dit, et puis, ça vous oblige à l’introspection, chose que vous préférez fuir un maximum. J’imagine combien cela doit être difficile, tous ces instants où la mémoire vous rappelle tout ce que vous avez perdu. »

« Attention à ce que vous dites, Lena. Il y a des sujets qui ont le don de me fâcher passablement. »

« Je sais, Michael. Mais réfléchissez à cela : à quoi bon se morfondre, ou se laisser dépérir dans un appartement miteux, à oser espérer que l’on est encore dans le coup… Alors que notre société a changé, et que le seul moyen de rester dans le coup, c’est de s’adapter au changement. »

« Rien de neuf dans votre discours. L’adaptation, c’est ce que fait l’humanité depuis des millénaires. »

« Rien de neuf, sauf que vous, vous stagnez, Michael. Vous n’êtes plus que l’ombre de celui que vous avez été. »

Ça, c’était particulièrement difficile à admettre… Surtout parce que, aux yeux de Logan, Lena avait raison. C’était vrai : que restait-il du Michael qui avait pris les armes, qui avait lutté pour ses idéaux, pour arriver à la situation actuelle ? Si ce Michael là n’était pas mort, en tout cas il s’était tiré de là il y a un moment.

« Il y a ceci… Et second point, il y a notre monde actuel. Je sais que ce monde ne vous plaît pas. Vous êtes né dans la lutte permanente pour la survie, et cet environnement de paix n’est pas fait pour vous. Cependant, comme vous n’avez pas de parti pris mais plutôt de la sympathie pour des choses comme Horizon… Mais dans le même temps, l’idée d’un monde pacifié ne vous plaît pas. Admette-le. »

*Bon sang, mais c’est qui cette meuf ?*

« Admettons. Et alors ? »

« Et alors, pour ces raisons, je me suis arrangée pour vous rencontrer. On m’appelle Psycho, et je fais partie d’Equilibrium. »

« Equilibrium ? C’est quoi encore, ça, une division de l’Assemblée des Insurgés ? »

« Vous n’y êtes pas du tout, Michael. Equilibrium n’a rien à voir avec la Rising Assembly, ni avec Horizon, ni même avec le reste du monde. Nous sommes totalement neutres, notre mission nous obligeant au plus grand discernement. »

« Mais encore ? »

« Nous n’existons que pour un seul but : assurer la survie de notre espèce, les mutants, mais aussi celle de l’humanité toute entière. Nous sommes l’assurance-vie de la paix et de la pérennité de notre société. »

« … Par quel foutu moyen ? »

« Tous les moyens sont bons. Espionnage, infiltration, désinformation… Répression même, s’il le faut. »

« En gros, vous voulez maintenir le climat de paix actuel par la guerre s’il le faut ? C’est d’une ironie… On dirait la paix forcée de Leto. »

« Leto voyait les choses, non pas en termes d’années mais de millénaires. Nous n’allons pas aussi loin, mais il est vrai que notre vision des choses nous pousse à regarder vers le très long terme. D’autre part, qui parle de guerre ? J’ai bien peur que ce soit vous, Michael. »

« Ne jouez pas sur les mots, Lena. Même si je partage votre idée selon laquelle la situation actuelle est très instable, je cautionne beaucoup moins l’idée de l’omnipotence. Qui êtes vous pour prétendre être les gardiens de notre monde ? »

« Nous sommes une élite. Dites tout haut mon but à la foule, et demain je meurs sous la haine, Michael. C’est le prix que nous payerons s’il le faut, pour assurer la paix, nous en avons pris l’engagement. Nous nous fichons complètement d’être détestés, persécutés, car ce n’est pas qu’un boulot, c’est un devoir moral qui nous incombe… Alors, Michael, pensez-vous sincèrement que ma position et celle d’Equilibrium soient totalement illégitimes ? »

« Être prêt à mourir pour une cause, ce n’est pas de la légitimité, c’est du fanatisme. »

« Cette fois-ci, c’est vous qui jouez sur les mots, Michael. D’ailleurs, excusez-moi de vous rappeler que dans ce cas, vous avez vous-même bâti une grande partie de votre existence sur le fanatisme. »

« Un point pour vous. »

Logan était subjugué. Cette femme maniait les mots avec une dextérité qui forçait son respect, et même de l’admiration, quelque part. Avec cette joute verbale, il était maintenant sûr que Lena devait être quelqu’un d’important au sein de ce groupe, Equilibrium.

« … En quoi serai-je utile à Equilibrium ? Vous l’avez dit vous-même, je ne suis plus que l’ombre de moi-même. »

C’était là un bel aveu d’impuissance. Lena devait maintenant savoir qu’elle avait déjà gagné la partie ; celui qui se projette dans une proposition l’a déjà acceptée, c’est bien connu en psychologie.

« En l’état actuel, certes. En rejoignant Equilibrium, vous auriez une cause, un but dans la vie, en accord avec votre vision des choses. C’est l’élément le plus important, mais il en existe d’autres, par exemple, cette horreur que vous portez en guise de bras gauche… Nous pourrions vous doter d’un matériel autrement plus performant. Ah, aussi, j’ai appris que vous aviez fait une demande à Shogen Industries, demande qui n’a pas abouti… »

« Ouais… Quelle bande d’enfoirés, ces libéraux. »

« Reconnaissez tout de même, pour leur défense, que votre demande, c’est quelque chose… Attendez, laissez-moi me souvenir… Ah, c’est ça, 2 millions et demi de nanomachines, valeur commerciale estimée à 300 millions de dollars. Vous y êtes allé fort, non ? »

« Vous plaisantez ! Ces enfoirés ont les moyens ! C’est quoi, 300 millions, pour une boîte qui en ramasse 10 fois plus en une année… Une goûte d’eau dans l’océan. »

« N’exagérez pas, Michael. Enfin peu importe. Equilibrium peut vous fournir, à hauteur d’un million d’unités… Gratuitement, j’entends. »

« Décidément, vous êtes des faiseurs de miracles... Où est le piège ? »

« Il n’y en pas. Nous prenons juste soin des nôtres, et nous mettons le prix quand c’est nécessaire. Quoi de plus normal, on doit se serrer les coudes. Et si c’est le prix de vos talents… »

« Je n’ai jamais songé à l’estimer financièrement. »

« Nous, si. Depuis le temps qu’on vous observe… Ah, au fait… Il y a une chose qui pourrait aussi vous faire réfléchir à nous rejoindre. »

Lena se retourna, et pointa du menton la jeune écolière qui avait servi de guide à Logan. Lequel interrogea :

« Cette fille ? »

« Je sais ce que vous en pensez. Elle a l’air insignifiante, très jeune… Les apparences sont parfois trompeuses, Michael. Naasty, c’est elle. Et le piratage informatique n’est pas le seul de ses talents, croyez-moi. »

« Expliquez-vous. »

« Elle aussi est mutante, pour ce point, on l’appelle Toolbox. Depuis son plus jeune âge, elle a été éduquée pour devenir une spécialiste en mécanique, électronique et robotique. Elle pourrait démonter et remonter entièrement votre voiture en quelques heures. Mais actuellement, sa vie est du temps perdu, son potentiel est limité par la nature même de ses activités. »

« Je ne comprends pas … »

« C’est pour cela que nous avons besoin de quelqu’un comme vous, Michael. Sans vous, elle gâche son temps en d’inutiles bricolages, mais avec vous, elle pourrait devenir ce qu’elle mérite d’être. Exprimer son plein potentiel en vous assistant comme support technique. A quoi bon se le cacher, vous êtes amené à devenir une sorte de maître des machines, non ? »

« J’en sais rien… Mon pouvoir est stagnant, cela doit faire plus de 2 ans depuis la dernière amélioration. »

« Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même, à ce sujet ; que faites-vous, depuis 2 ans ? Réparer des voitures, trafiquer des moteurs, perdre un bras… C’est sûr, vous gâchez votre temps vous aussi, depuis que le MIL n’est plus. »

« Gardez vos leçons de morale, je peux m’en passer. Et puis, si je refuse ? De prendre part à vos manigances, j’entends… Il se passe quoi, vous me donnez la chasse ? »

« Même pas. Effectivement, vous pouvez très bien refuser mon offre, et retourner à votre semblant d’existence paisible, à vos bricolages à deux ronds, et rêver de ce monde défunt où vous serviez à quelque chose. »

« Vous êtes cruelle. »

« Non, pas moi. La vie est cruelle, du moins pour ceux qui ne saisissent pas les bonnes opportunités. »

Logan aurait bien aimé s’allumer une nouvelle cigarette ; il secoua son paquet, déjà vide, le lança nonchalamment sur la table. Lena poussa le sien vers lui, il lui en prit une et l’alluma. Il devait réfléchir, vite réfléchir. Sauf qu’il avait la tête pleine de choses et qu’il ne savait plus quoi penser…

Après plusieurs minutes d’un profond silence, le temps de finir la cigarette finalement, il fixa Lena droit dans les yeux, et lui dit :

« Que ça soit bien clair entre nous. Je ne m’impliquerai dans aucune action contre la fondation Kushter ou l’une de ses filiales, ni dans aucune autre action qui ne corresponde pas à ma propre éthique. Je défends la paix, uniquement la paix, pas Mass Dynamics ou n’importe quelle industrie que ce soit. Pas de signature de contrat, je reste libre de tous mes mouvements, et surtout, je me casse quand je veux. Pas de tripotage génétique évidemment. Ce sont mes conditions, acceptez-les en intégralité et j’accepterai les vôtres. »

Lena sourit. Ce pauvre nigaud ne faisait que réclamer ce que réclamaient tous les autres, la liberté de mouvement, et le libre-arbitre. Concernant ce dernier, il ne s’agissait généralement que d’une question de temps avant que les étiquettes « bien » et « mal » soient illisibles, et dans ces cas là, il l’avait dit lui-même, la paix prévalait.

« Rien d’extraordinaire, en somme. Vos conditions sont acceptées. Je vous rappelle les nôtres : nous vous donnons les nanomachines, assurons leur mise en place et votre suivi de santé post-opération. Nous vous changeons votre prothèse, nous vous donnons un nom de code, et pour le reste, comme pour tous nos membres : nous pourvoyons à vos besoins en termes de logement, de moyen de transport, d’équipement et de matériel quelconque. Aussi, vous acceptez que Griselda, enfin, Naasty soit votre support ; à ce titre, elle sera comme votre ombre, votre élève aussi, et vous devrez lui permettre de jouer son rôle. Enfin, vous acceptez de recevoir et d’exécuter tout ordre de mission du moment où celui-ci va dans le sens de votre propre code moral. Nous sommes d’accord ? »

« … Vendu. »

*J’sais pas pourquoi mais dans ces situations, j’ai toujours l’impression de me faire baiser… Faudra que je garde les yeux ouverts…*

Lena se retourna et appela la jeune écolière, qui ne tarda pas à rejoindre la tablée. Elle se tint debout à côté de Lena, qui se chargea de leurs présentations officielles :

« Griselda, voici Michael Logan, sans alias pour le moment. Michael, je vous présente Griselda Darcourt, alias Toolbox. »

Griselda tendit une main que Michael serra, remarquant que la jeune fille semblait toujours autant dans la lune, ailleurs.

« Enchanté, je comptais justement investir dans une nouvelle caisse à outil… »

Dit-il pour faire de l’humour, espérant dérider tout ce beau monde. Un bide complet, oui, puisqu’au final, lui seul trouva drôle le jeu d’esprit, visiblement. Bon… Peut-être qu’elle est toujours comme ça, cette midinette après tout.

« Oh, j’oubliais l’essentiel. Notre petit headquarter se trouve à Milan, Italie. Dans l’idéal, on aimerait que vous vous installiez dans nos locaux, ne serait-ce qu’à temps partiel. Nous ne vous empêcherions pas de vous loger ailleurs, cependant, c’est surtout pour des raisons pratiques. »

« Pas de soucis, je peux comprendre. De toutes façons, à part ma pauvre mère, il n’y a rien qui me retienne à Londres. »

« Bien. Préparez votre bolide pour demain matin, dans ce cas. Nous passerons devant chez vous à l’heure qui vous ira le mieux, et vous n’aurez qu’à nous suivre. A moins que vous ne préfériez profiter de ma Lhamborghini. »

« Si vous me laissez conduire un peu, pourquoi pas. Ça fait quelques lustres que je songe à m’acheter une italienne… Quant à l’heure… 14h, ça serait parfait. »

« Parfait. Alors rendez-vous demain chez vous, Michael. »

« Yep… »

Les deux protagonistes s’en allèrent du cyber-café, laissant Logan seul, avec un paquet d’interrogations et déjà, quelques doutes. Il passa la demi-heure suivante assis là, à repasser tout cet entretien dans sa tête, à chercher quelque chose qu’il aurait loupé, mais rien ne l’interpela… Il était obligé d’admettre que l’offre de Lena était bonne, trop bonne même, sans réussir à trouver une faille, un truc qui cloche dans tout ça. Même si tout cela lui paraissait trop beau pour être honnête, Michael était forcé d’admettre que la proposition semblait réellement clean…

Après être rentré chez lui, il du se livrer au jeu des questions/réponses avec Sally, qui l’attendait de pied ferme, furieuse de son départ précipité et claquage de porte à la figure. Il lui raconta alors sa rencontre avec Naasty et Lena, la conversation qui avait suivit, et soumis la question à 10 milliards à l’androïde.

« D’après toi, où est le piège ? »

« Bin… Je n’en vois pas, chou. Elle a accepté toutes tes conditions et tu as accepté les siennes ; si chacun respecte sa parole, le marché est à ton avantage, totalement. Il faut maintenant voir si elle tiendra parole. »

« Je pense que oui, c’est ça le plus bizarre. Rends-toi compte… Je vais leur coûter plus de 100 millions de dollars, et malgré tout, aucune condition piège. »

« Je me rends compte, oui. Mais en même temps, ils ont dit qu’ils prenaient soin des leurs, non ? »

« Là c’est plus prendre soin, c’est dorloter carrément. »

« Peu importe, chou. Les conditions sont à ton avantage, alors ça serait bête de ne pas en profiter pour un petit doute, non ? »

« Clairement. M’enfin, je sens que je vais passer la journée et la nuit à y réfléchir… »

Paroles prophétiques…

Car Michael passa tout le temps qu’il lui restait devant lui, non pas pour préparer des affaires en prévision du voyage, mais à surfer sur le net, en recherche d’informations concernant Equilibrium. Et il ne fut pas surpris de voir que Lena avait raison, quoi que soit ce cercle secret, il était bien secret. Pas une seule trace de cet organisme dans la toile. Quant à Mass Dynamics, ils avaient bien des sites Internet mais même en les piratant, en remontant jusqu’aux ordinateurs de leurs laboratoires, il ne trouva rien qui puisse les relier à Equilibrium. Ça pour un halo de mystère…

Sally n’obtint pas de meilleur résultat de son côté. Les capacités de piratages de la petite robote était au moins équivalentes à celles de Logan lui-même, voire meilleures, mais elle fit elle aussi chou blanc, comme quoi il était impossible d’en apprendre plus par ce moyen là.

Alors qu’il pensait à cela, Michael dit finalement à voix haute :

« En même temps, le meilleur moyen de savoir ce qui se cache au pays des merveilles, c’est d’y entrer… »


Le lendemain, aux premières heures d’un après-midi orageux, le ciel chargé de gros nuages gris…

Pas de doute, cette voiture était une vraie beauté ; et apparemment, le moteur renflait bien. Lena descendit de la voiture de sport italienne ; elle était habillée de façon à peine plus soignée que la veille, mais elle avait toujours ce charme étrange venu du nord…

« Heureuse de voir que vous n’avez pas changé d’avis, Michael. »

« J’ai essayé de trouver une bonne raison de le faire… »

« Mais il n’y en a aucune, je sais. Je suppose qu’il s’agit de Sally ? »

L’androïde, en vol stationnaire à côté de son concepteur, se manifesta, elle était plutôt méfiante de cette jolie blonde qui avait mis tant d’idées dans la tête de « son homme » :

« Mademoiselle Sally, je vous prie, Madame Halgström. »

« Excusez mon manque de déférence, mademoiselle. Bien, nous pouvons y aller ? »

« Et bin on est partis. A l’avant, le coffre, c’est ça ? »

Demanda Logan en soulevant son sac de voyage à peine rempli. Lena opina et ouvrit le réceptacle à bagages. C’est alors que Michael remarqua Griselda qui n’était pas sortie de la voiture ; elle semblait aussi anémique que la veille, mais son regard semblait très intéressé par Sally.

*Oh oh… J’en connais une qui va pas aimer ce regard…*

Tout le monde embarqua dans la belle auto bleue, Logan à l’avant côté chauffeur (il avait convenu avec Lena qu’il préférait conduire là où il connaissait les routes, aussi lui rendrait-il le volant dès leur arrivée de l’autre côté de la manche), Lena à côté de lui, et Griselda ainsi que Sally à l’arrière.

« Ne me reluquez pas comme ça, jeune fille, je ne vous donne pas le droit de me démonter ! »

Pesta Sally, comme son constructeur s’y était attendu… Au moins le voyage serait animé.

Il adora conduire la Lhamborghini de Lena. Ils arrivèrent à Milan peu avant minuit. Et Logan s’installa donc le bâtiment résidentiel d’Equilibrium. Une nouvelle page venait de se tourner, mais ça, il ne s’en doutait pas encore…

_________________


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